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Fiche Mémo EHP 5

La dysgraphie chez les HP


Sylvie TRAMASURE, Présidente du  Groupement Belge des Grapho Thérapeutes 

Depuis son plus jeune âge, votre enfant esquive toute activité graphique proposée. Non seulement, il n’en voit pas le sens, mais il n’en perçoit pas non plus la finalité. Il refuse de colorier, conformément à la consigne, le plus grand des objets sur ses feuilles, se bornant à marquer ce dernier d’une croix… Vous vouliez savoir s’il a compris ? Bien sûr qu’il a compris… mais pourquoi perdrait-il son temps à le colorier ? Toutes ces activités développant la motricité fine demandent un effort manuel que l’enfant contournera avec virtuosité et désinvolture. 

Parmi les troubles d’apprentissage auquel les enfants HP peuvent être confrontés, celui de la dysgraphie est prépondérant. Statistiquement, un quart des patients suivis pour dysgraphie sont des enfants ou adolescents HP et dans 88% des cas des garçons. 

Du fait de son aisance langagière, les parents peuvent constater un désintérêt de leur enfant HP pour l’écriture. « Il finira bien par savoir écrire », « il écrit aussi mal que son père », … On ne se formalise pas de cet abandon, que l’on croit passager. Parmi les apprentissages, celui de l’écriture est le parent pauvre de l’enseignement actuel, mais il reste nécessaire tant pour le développement cérébral que pour la suite de la scolarité. Les difficultés du début d’apprentissage s’accentuent avec les années et finissent par pénaliser le jeune dans ses prises de notes et lors des examens. 

La scription n’arrive pas à suivre la pensée de l’enfant ; pour y pallier, notre petite tête blonde tentera bien vite de personnaliser son écriture avant même d’avoir atteint le stade calligraphique. Cette phase, durant laquelle l’écriture s’approche du modèle enseigné, est impérative pour l’individualisation future. 

Plusieurs cas de figure peuvent se présenter chez ces enfants : 
  • la graphie est lente car l’enfant est perfectionniste, il est donc pénalisé par sa lenteur lors de la prise de notes ; 

  • malgré ses efforts, la graphie n’est pas conforme aux attentes, ses cahiers sont truffés de remarques pour le soin et l’enfant, découragé, ne veut plus s’investir dans l’écrit, le rejetant parfois jusqu’au blocage ; 

  • l’adolescent est devenu indéchiffrable ; parents et professeurs se plaignent de l’illisibilité de ses travaux. Qu’en est-il pour ce jeune dont les notes sont déstructurées et inintelligibles ? 

Les professionnels le savent, les tests de QI passés par ces enfants dénoncent souvent une dyssynchronie entre les différents indices. La vitesse de traitement moindre est parfois sous les moyennes et confirme les entraves graphomotrices. Il est essentiel d’aider l’enfant à harmoniser ses indices pour pallier à toute pénalisation. 

Quand s’inquiéter ? 
  • lorsque l’apprentissage est fastidieux, que l’enfant fourni des efforts sans réels résultats ; 

  • si l’enfant désinvestit de plus en plus l’écrit, épelant les mots de dictée ou les conjugaisons ; 

  • face à des notes incomplètes, soit par lenteur, soit par désinvolture ; 

  • lorsque le soin pénalise la clarté des travaux ; 

  • quand l’écriture se déstructure et perd de sa lisibilité. 

Mieux vaut agir dès les premières difficultés : il n’est pas nécessaire d’arriver au blocage ou à l’illisibilité pour prendre le taureau par les cornes. Ce ne sont pas, non plus, les exercices répétitifs qui aideront l’enfant à s’amender ou à découvrir le plaisir d’écrire ; un travail approfondi sur la graphie peut seul amener un enfant à enfin pouvoir écrire avec confiance et intérêt.